Taux d’avance hypothécaire (financement)
Le taux d'avance détermine le pourcentage maximum du prix de vente qu'un établissement bancaire suisse accepte de prêter à votre futur acquéreur.
Définition et explication
Dans le cadre d’une vente immobilière en Suisse, le taux d’avance hypothécaire (Loan-to-Value) est une notion centrale pour le vendeur. Il définit la proportion du prix d’achat que la banque de l’acheteur accepte de financer par un prêt. Selon les directives de l’Association suisse des banquiers (ASB), ce taux ne peut excéder 80% pour une résidence principale. L’acheteur doit donc apporter au minimum 20% du montant sous forme de fonds propres.
Pour vous, en tant que propriétaire vendeur, comprendre ce mécanisme permet de sécuriser la transaction. Si vous acceptez une offre d’un candidat dont le financement repose sur un taux d’avance supérieur aux normes bancaires, la banque refusera le crédit et la vente sera annulée au dernier moment. Par ailleurs, les banques suisses appliquent le principe de précaution, appelé le principe de la valeur la plus basse. Si l’estimation interne de la banque est inférieure au prix de vente que vous avez fixé, le taux d’avance sera calculé sur cette valeur bancaire, forçant l’acheteur à amener encore plus de liquidités.
- Hypothèque de 1er rang : Couvre jusqu’à 66% de la valeur du bien.
- Hypothèque de 2ème rang : Couvre la part située entre 66% et 80%, et doit être amortie sur 15 ans.
Quand le taux d'avance impacte-t-il votre vente ?
- Lors de l’analyse des offres d’achat pour valider la réelle capacité financière de vos acquéreurs potentiels.
- Si vous commercialisez un objet spécifique (résidence secondaire, terrain nu, immobilier de luxe) qui impose un taux d’avance réduit et exige donc des acheteurs très fortunés.
- Lorsqu’une banque mandate un expert pour évaluer votre bien et que son estimation est inférieure au prix convenu avec l’acheteur.
Vérification des capacités d'un acheteur dans le canton de Fribourg
Vous vendez votre villa familiale pour un montant de 1’200’000 francs. Un couple de jeunes actifs vous soumet une offre au prix fort. Ils vous informent qu’ils disposent de 150’000 francs de fonds propres (liquidités et prévoyance LPP combinées).
A retenir
Un calcul rapide vous permet de constater que leur apport ne représente que 12.5% du prix de vente. Leur besoin de financement s'élève donc à un taux d'avance de 87.5%. Puisque la limite réglementaire en Suisse est fixée à 80% pour un logement principal, aucune banque n'acceptera de les financer. Vous déclinez cette offre pour privilégier un second candidat disposant de 250'000 francs de fonds propres (soit un taux d'avance conforme de moins de 80%), évitant ainsi un blocage de votre dossier chez le notaire.
Vous souhaitez vendre votre bien ?
Estimez gratuitement votre bien en 2 minutes et trouvez le meilleur expert immobilier en Suisse romande.
Questions fréquentes
Pour une résidence principale (maison ou appartement occupé par le propriétaire), le taux d'avance maximum autorisé par les directives bancaires suisses est de 80%. L'acquéreur doit fournir 20% de fonds propres, dont au moins 10% ne doivent pas provenir de la prévoyance professionnelle (LPP).
La méthode la plus sûre est d'exiger une attestation de financement bancaire. Ce document, délivré par la banque de l'acquéreur, confirme que l'établissement a étudié le dossier, validé le taux d'avance et accepté d'octroyer le crédit hypothécaire pour votre bien spécifique.
Les banques appliquent le principe de la valeur la plus basse. Si vous vendez à 1'000'000 francs mais que la banque estime le bien à 900'000 francs, le taux d'avance de 80% sera calculé sur 900'000 francs (soit 720'000 francs de prêt). L'acheteur devra payer la différence (100'000 francs) entièrement de sa poche, en plus de ses 20% de fonds propres initiaux.
Non. Les banques considèrent les résidences secondaires (chalets, appartements de vacances) comme des biens à risque. Le taux d'avance est généralement plafonné entre 60% et 70%. Votre acheteur devra donc justifier de 30% à 40% de fonds propres pour que la vente aboutisse.
Absolument. Un candidat qui n'a besoin que d'un taux d'avance de 50% ou 60% présente un profil financier très solide. Le risque que la banque se rétracte en cours de procédure est quasiment nul. C'est un critère de choix majeur si vous avez plusieurs offres sur la table.
Oui, le retrait ou la mise en gage du 2ème pilier (LPP) permet de gonfler les fonds propres et de réduire le taux d'avance. Toutefois, les banques exigent que la moitié de l'apport minimal (soit 10% de la valeur du bien) provienne de fonds propres durs (épargne, 3ème pilier, donation).
Les règles ne sont pas fixées par le vendeur ou le notaire, mais par les directives d'autorégulation de l'Association suisse des banquiers (ASB), validées par l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA).
C'est la portion du prêt bancaire qui dépasse 66% du prix d'achat, pour aller jusqu'au plafond de 80%. Cette tranche est considérée comme plus risquée par la banque et l'acheteur a l'obligation légale de la rembourser (l'amortir) dans un délai maximum de 15 ans ou avant l'âge de la retraite.
Sources
- Directives de l'Association suisse des banquiers (ASB) relatives aux exigences minimales pour les financements hypothécaires ; Ordonnance sur les banques (OB).