Démarches et processus de vente

Régime matrimonial et vente immobilière

Le régime matrimonial définit les règles de propriété entre époux et dicte la répartition du produit net lors de la vente d'un bien immobilier en Suisse.

Liquidation du régime matrimonial Contrat de mariage et vente Vente en cas de divorce Participation aux acquêts

Définition et explication

Vendre un appartement ou une maison en Suisse lorsque l’on est marié implique de respecter les règles dictées par le régime matrimonial. Que vous soyez en procédure de divorce ou que vous souhaitiez simplement réinvestir dans un nouveau projet, le cadre légal détermine la propriété des fonds et la répartition du gain immobilier.

Le droit suisse (Code civil) prévoit trois régimes matrimoniaux qui influencent directement la vente :

  • La participation aux acquêts (Art. 181 CC) : C’est le régime par défaut. Lors de la vente, le notaire établit un décompte précis. Chaque époux récupère ses biens propres (fonds provenant d’un héritage, d’une avance d’hoirie ou d’économies antérieures au mariage). La plus-value générée et le remboursement de l’hypothèque payé pendant le mariage (les acquêts) sont généralement partagés à parts égales, sauf accord contraire.
  • La séparation de biens (Art. 247 CC) : Ce régime nécessite un contrat de mariage. Il simplifie grandement la transaction immobilière. Chacun est propriétaire de sa quote-part inscrite au Registre foncier et récupère exactement la valeur de sa part lors de la vente, sans mise en commun de la plus-value.
  • La communauté de biens (Art. 221 CC) : Plus rare, ce régime regroupe la quasi-totalité des avoirs des époux. Le produit de la vente est intégré au patrimoine commun et divisé selon les termes spécifiques du contrat de mariage.

Lors de la préparation du dossier de vente, le notaire vérifie systématiquement votre statut civil. De plus, si le bien constitue le logement de la famille (Art. 169 CC), un époux ne peut pas le vendre sans le consentement exprès de l’autre, même s’il en est le seul et unique propriétaire au Registre foncier.

Quand le régime matrimonial impacte-t-il votre vente ?

  • Lors d’un divorce ou d’une séparation nécessitant la vente du domicile conjugal.
  • Lors de la détermination des quotes-parts pour répartir le produit net de la vente.
  • Lors de la rédaction de l’acte authentique de vente, où le notaire exige l’accord des deux conjoints.
  • Pour le paiement de l’impôt sur les gains immobiliers (IGI), qui est prélevé sur le produit de la vente avant la répartition entre les époux.

Exemple concret : Vente sous participation aux acquêts en Suisse

Marc et Sophie divorcent et décident de vendre leur villa vaudoise pour un montant de 1’200’000 CHF. Ils l’avaient acquise pour 900’000 CHF il y a 10 ans. Au moment de l’achat, Marc avait injecté 100’000 CHF provenant d’un héritage (biens propres). Sophie n’avait pas de fonds propres. Le solde de 800’000 CHF a été financé par un prêt hypothécaire, amorti de 50’000 CHF durant le mariage grâce à leurs salaires (acquêts).

A retenir

Le notaire solde d'abord la dette hypothécaire restante de 750'000 CHF et règle les frais de vente (courtage, impôt IGI). Sur le produit net disponible de 400'000 CHF, la répartition s'effectue ainsi :

  • Marc récupère en priorité ses 100'000 CHF de biens propres.
  • L'amortissement de 50'000 CHF (payé via les acquêts) est divisé en deux (25'000 CHF chacun).
  • La plus-value pure liée au marché (250'000 CHF) est partagée selon le financement initial. Puisque seul Marc a mis des fonds propres, il bénéficie d'une part plus grande de la plus-value selon les calculs légaux (répartition proportionnelle), sauf convention dérogatoire dans leur convention de divorce.

Cet exemple démontre pourquoi une analyse notariale est requise pour éviter tout litige financier lors de la vente.

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Questions fréquentes

Oui. Selon l'article 169 du Code civil suisse, si la maison est le logement officiel de la famille, vous avez l'obligation d'obtenir le consentement écrit de votre conjoint pour la vendre, même si vous êtes l'unique propriétaire inscrit au Registre foncier.

Sous le régime de la participation aux acquêts, la plus-value est répartie proportionnellement à l'investissement initial (biens propres) et à l'amortissement payé par le couple (acquêts). Si le bien a été acheté 50/50 en séparation de biens, la plus-value est divisée exactement par deux.

Non, la vente immobilière et la liquidation du régime matrimonial peuvent être réalisées simultanément. Le notaire bloque souvent les fonds sur un compte de consignation jusqu'à ce qu'une convention de divorce valide la répartition exacte des montants.

L'impôt sur les gains immobiliers est une dette solidaire liée au bien. En pratique, le notaire retient le montant de l'impôt directement sur le prix de vente avant de reverser le solde aux époux. L'impôt est donc supporté par les deux conjoints proportionnellement à leur part.

Il s'agit d'un rachat de soulte. Le conjoint qui conserve le bien verse une indemnité à celui qui part. Ce processus nécessite une nouvelle évaluation de la maison, un transfert de propriété au Registre foncier et la désolidarisation de la dette auprès de la banque.

Oui. Avec la séparation de biens, chaque partenaire détient une quote-part claire (par exemple 50/50 ou 70/30). Lors de la vente, le notaire se base strictement sur ces pourcentages inscrits au Registre foncier pour répartir le produit net, évitant les calculs complexes liés aux acquêts.

Non. Les concubins ne sont pas soumis au droit matrimonial. Leur achat conjoint est régi par les règles de la copropriété ordinaire (Art. 646 CC) ou de la société simple. Lors de la vente, le produit est réparti strictement selon la quote-part inscrite au Registre foncier.

Oui, si le produit de la vente est réinvesti par l'un ou les deux ex-conjoints dans un nouveau logement principal en Suisse. Le report d'imposition s'applique de manière proportionnelle à la somme réinvestie par chacun dans sa nouvelle résidence.

Sources

  • Code civil suisse (CC) : Art. 169 (Logement de la famille), Art. 181 (Participation aux acquêts), Art. 247 (Séparation de biens).

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